Comment documenter l’application d’une contention
Le recours à la contention fait partie des gestes les plus scrutés qu’une infirmière puisse documenter. Le dossier doit montrer que la contention était un dernier recours, pourquoi elle était nécessaire, comment elle a été appliquée et surveillée, et quand elle a pris fin.
La réponse courte
Consignez le comportement ou le risque qui a mené à la contention, les solutions de rechange essayées et leurs résultats, le type de contention utilisé, l’autorité (consentement, ordonnance ou situation d’urgence selon votre politique et la loi), l’heure d’application, la surveillance, les effets sur le patient et l’heure du retrait. Les règles diffèrent selon la province et le milieu; par exemple, la SPIIC (CNPS) souligne que l’Ontario a une loi sur le sujet, la Patient Restraints Minimization Act (loi visant à réduire au minimum l’utilisation de la contention sur les patients), et que d’autres provinces ont leur propre législation ou politique.
Ce qui constitue une contention
La SPIIC décrit les contentions comme environnementales (l’isolement, par exemple), mécaniques ou physiques (dispositifs ou techniques qui limitent le mouvement) ou chimiques (médicament psychoactif utilisé pour inhiber un comportement plutôt que pour traiter un symptôme médical). La politique de votre employeur précise ce qui doit être documenté comme contention dans votre milieu.
Ce qu’il faut documenter
- Pourquoi : le comportement ou le risque précis (par exemple, tirer sur une perfusion, tenter d’enjamber les ridelles), décrit de façon objective.
- Solutions de rechange essayées : approches verbales, redirection, surveillance, modifications de l’environnement, avec le résultat de chacune.
- Autorité : consentement du patient ou de son mandataire, ordonnance si votre politique l’exige, ou situation d’urgence. La SPIIC précise que le recours d’urgence sans consentement vise les situations de menace grave, après l’échec des solutions de rechange, le consentement devant être recherché par la suite.
- Méthode : quel dispositif ou quelle mesure, où elle a été appliquée et par qui.
- Heures : d’application et de retrait.
- Surveillance : fréquence d’observation selon votre politique, chaque vérification et chaque constat étant consignés.
- Effets : réponse du patient, vérification de la peau et de la circulation, confort et besoins de soins comme l’hydratation, l’élimination et les changements de position, selon votre politique.
- Contention chimique : médicament, dose, voie et détails de l’administration.
- Communication : qui a été informé, y compris la famille ou le mandataire, et quand.
Exemple (patient fictif)
Note
14 h : patient Q, 82 ans, delirium postopératoire, retire à répétition sa perfusion et tente d’enjamber les ridelles; déclare : « Il faut que je rentre chez moi. » Redirection tentée à 13 h 30 et à 13 h 45 sans effet durable; surveillance constante demandée; lit abaissé et chambre rendue plus calme. 14 h 10 : le médecin a évalué le patient; ordonnance obtenue selon la politique pour une contention souple au poignet droit, afin de protéger la perfusion. Fille (mandataire) informée par téléphone à 14 h 15 et en accord. Contention appliquée à 14 h 20 par deux infirmières; deux doigts de jeu, peau intacte, main chaude, remplissage capillaire de 2 secondes. Vérifications à 14 h 35 et à 14 h 50 : peau intacte, circulation inchangée, patient plus calme, liquides offerts. 15 h 30 : réévaluation par le médecin; contention retirée à 15 h 35; aucun changement cutané. Les solutions de rechange se poursuivent, surveillance constante au chevet.
Les intervalles et la vérification des deux doigts de jeu ci-dessus sont fictifs. Suivez la politique de votre employeur.
Erreurs fréquentes
- Écrire « agité » sans décrire le comportement.
- Aucune trace des solutions de rechange essayées.
- Heures d’application ou de retrait manquantes.
- Vérifications de surveillance non consignées une à une.
- Aucune réévaluation de la nécessité de maintenir la contention.
- Aucune trace du consentement, de l’ordonnance ou de la situation d’urgence.
Modèle à remplir
Comportement ou risque (objectif) : ___ Solutions de rechange essayées et résultats : ___ Autorité (consentement, ordonnance, urgence) : ___ Type, site, appliquée par : ___ Heure d’application : ___ Heures de surveillance et constats : ___ Réévaluation de la nécessité : ___ Heure du retrait : ___ Personnes avisées (qui, quand) : ___
La place de Fiabita
L’outil « Réviser ma note » de Fiabita peut vous aider à reformuler des notes brouillonnes dans un langage plus clair et plus objectif, et ses outils de relève SBAR et de rapport d’incident posent des questions guidées pour que moins de détails se perdent sous la pression. Le résultat est une ébauche : vous restez responsable de ce qui est inscrit au dossier, et l’outil ne vérifie pas la conformité aux exigences de votre ordre ou de votre employeur. N’y saisissez aucune information qui pourrait identifier un vrai patient, et suivez la politique de votre milieu de travail sur les outils autorisés.
FAQ
Q : Ai-je toujours besoin d’une ordonnance?
Les exigences diffèrent selon la province, le milieu et le type de contention. Vérifiez la politique de votre employeur et la législation applicable.
Q : Et si le patient refuse?
Un patient apte peut refuser; la SPIIC souligne que les patients conservent le droit de refuser les contentions. Demandez de l’aide, documentez et suivez votre politique.
Q : À quelle fréquence dois-je vérifier?
La politique de votre employeur fixe les intervalles de surveillance. Consignez chaque vérification au moment où elle est faite.
Sources et lectures complémentaires
- SPIIC (CNPS), InfoLAW : contention des patients (en anglais)
- OIIO (CNO) : norme sur la documentation (en anglais)
- SPIIC (CNPS) : lignes directrices sur la documentation pour les infirmières (en anglais)
Vérifiez toujours la version en vigueur de chaque source et les normes de votre propre ordre professionnel : les liens et le libellé peuvent changer.
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